Les sections sportives des archers Riomois
Les sections sportives et le tir à l’arc. Projet du Club de Riom.
Collège Michel de l’ Hospital
Président du Club : Julien Mégret
Entraîneur professionnel : Henry Baudry BEES 2°
« je vis tir à l’arc, je pense tir à l’arc, je me couche tir à l’arc »… « On rate bien plus souvent que l’on ne réussit, et ce sont toujours nos échecs qui nous font avancer »
Propos d’ Henry au cours de notre conversation ….
Professeur d’EPS et coordinatrice de la Section sportive en 2021 et 22: Marie Teyssier
La FFTA souhaitait comprendre puis partager avec les présidents de clubs et l’ensemble des licenciés et entraîneurs professionnels, comment, il a été possible de concrétiser un projet de « Sections Sportives » au sein d’un club de notre fédération.
Certes, pour réaliser ce projet, il faut le dire, les difficultés sont réelles et il faut de nombreuses conditions matérielles et humaines pour le réaliser.
Pour autant, si ce projet a été réalisé au club de Riom, cela est sans doute possible dans d’autres clubs Français ?
Cet article visera donc , les présidents et entraîneurs qui pourraient être intéressés…mais aussi l’ensemble des licenciés curieux de voir ce que représente un tel projet.
Cela peut paraître évident, mais, personnellement, j’ai ressenti que ce succès, outre les contraintes matérielles était d’abord et surtout, une aventure humaine…entre un président de club, un entraîneur professionnel et une équipe de bénévoles.
Pourquoi un tel projet et comment cela s’est -il passé ?
Sans parler des parcours sportifs au complet de Julien Mégret ( âge ) et d’Henry Baudry ( 34 ans) …Il est tout de même à noter que tous les deux sont issus de structure sportive de haut niveau et en particulier tous les deux du pôle France de Boulouris, avec, un entraîneur charismatique en la personne de Dominique Schraen !
Alors, quand Julien a embauché Henry Baudry, il y a 10 ans, Il lui a tout simplement donné toute sa confiance afin d’emmener son club au plus haut sommet….
C’est exactement ce qu’ ils ont fait ensemble….
Pour Henry, ce projet part le jour où il est rentré d’un voyage en Corée du sud organisé par la FFTA… Alors, bien sûr depuis cette étude du tir à l’arc en Corée ( voir le DVD FFTA) , beaucoup pensent, et ils n’ ont pas tort, qu’il ne faut pas comparer la Corée du Sud et notre pays…C’est vrai…Cependant, Henry, lui, s’ est demandé dès son retour, comment il pourrait un jour envisager le tir à l’arc et le temps scolaire afin d’augmenter le nombre et la charge d’entraînement et rivaliser ainsi, avec ce qui est proposé en Corée du sud…
En clair, même si, dans les premières années, Henry a aménagé les entraînements et fait passer les 1ères années de licences à 2 , voir 3 entraînements par semaine , puis la seconde année de licence à 4, les volumes de flèches et le temps de travail à consacrer pour travailler les autres facteurs de performance ( Physique et mental ) lui paraissait insuffisant…
Interview Henry Baudry :
P.L : « Tout se jouerait-il sur ses premières années ? »
H B : « On peut se le demander en tous cas…vu les résultats en Corée du sud…mais ce qui est certain, c’est que ce temps consacré à la pratique dès les premières années, m’a permis d’envisager la progression des archers d’une autre manière….Ainsi, il est devenu évident qu’enseigner en priorité les aspects techniques n’étaient pas une priorité !
Aujourd’hui, et je le vois chaque jour un peu plus, la priorité, c’est le développement de capacités physiques générales et spécifiques à prendre véritablement en compte…Capacités à sélectionner certains groupes musculaires, capacités de coordination, de perception et de relâchement, afin que l’archer soit le plus conscient dans ce qu’il a à faire…la « pleine conscience et le tir l’arc » 😉
Tout se fait, ensemble…Alors, bien entendu on apprend les fondamentaux, mais la priorité, la base c’est le développement de capacités physiques générales et spécifiques…De plus, en ressentant , ce qu’ils font, en comprenant pourquoi ils le font, les archers même jeunes développent une autonomie…Cet autonomie est pour moi le fil rouge du facteur mental de notre discipline…
Alors, et parce que ce facteur physique est essentiel, chaque jeune a en plus des échauffements et des exercices de fin de séance, un programme de renforcement à réaliser chez eux…
P L « Comment cela se passe- il concrètement » ?
HB : « Il fallait trouver une solution afin d’organiser au mieux le temps scolaire et intégrer davantage d’ heures d’entraînement en journée…Ce qui est le cas aujourd’hui et depuis 3 ans !
Il y a 10 ans, ils y avait 4 jeunes qui pouvaient s’entraîner « correctement »…aujourd’hui, ils sont 27 avec certains 5 à 6 entraînement par semaine et ça dès la seconde année, avec un volume de flèches entre 1300 et 1600 fl/ semaine.
C’est clairement une possibilité pour les jeunes souhaitant arriver à haut niveau, et un autre choix pour les familles si l’archer souhaite intégrer un pôle Espoir. Les pôles Espoir répondent bien évidemment à cette demande, mais nécessite une séparation parfois très jeune des archers avec leurs familles et l’ ambiance club 😉….
Je récupère les jeunes en mini bus ( acheté par le Conseil régional) le mardi à 14h 30 et le jeudi à 15h 30. Un entraînement conséquent est également programmé le mercredi pm plus un ou deux en fin de journée le lundi et vendredi.
Les 6éme et 5ème réalisent entre 10 et 12h/sem
Les 4ème et 3ème réalisent entre 15 et 17h/sem
HB « Aujourd’hui nous avons 14 jeunes en section sportive, neuf en 6ème et 5ème et cinq en 4ème et 3ème»
Les 6éme et 5ème réalisent entre 10 et 12h/sem
Les 4ème et 3ème réalisent entre 15 et 17h/sem
HB « Aujourd’hui nous avons 14 jeunes en section sportive, neuf en 6ème et 5ème et cinq en 4ème et 3ème»
Le conseil Régional AURA a acheté 300 mini bus pour des clubs porteur d’un projet sportif !
P L « Comment un jeune peut- il intégrer une section sportive ? »
H B : « il faut impérativement que le jeune ait au moins une année de licence dans le club. Ensuite, nous organisons une évaluation sur des critères physiques avec la professeur d’EPS, Me M Teyssier. Il est aussi demandé une lettre de motivation et nous réalisons un entretien avec les jeunes et les parents afin d’expliquer le double projet. Pour tous, la priorité reste les études.
P L : « Quel est le lien avec le collège ? »
HB : « J’assiste avec la responsable EPS de la section à tous les conseils de classe. Nous suivons les notes de chaque jeune et les comportements afin de prévenir les éventuels problèmes liés à la charge . Il m’arrive même de leur faire réviser leurs devoirs ou de leur faire faire une dictée… 😉 »
P L : « En ce début de 3ème année, quel est pour toi le bilan ? »
H B : « C’est juste exaltant de les suivre…les jeunes sont motivés …On a aucun problème de suivi scolaire…et les résultats sont incroyables. Il faut aussi souligner le travail de toute une équipe de bénévoles qui travaillent avec les jeunes qui ne sont pas en section sportive !
Il y a une vraie cohérence entre ce projet de section sportive et l’ensemble du club… Par exemple, nous avons un groupe poussin géré par une bénévole ( Christine Boulon) qui permet facilement l’intégration en seconde année de licence des jeunes archers. Ils intègrent donc la section sportive à leur entrée en collège en 6ème. C’est bien entendu la meilleure année car, ils vont profiter pleinement de ce système durant toute leur scolarité en collège.
Et puis, comme on dit, la cerise sur le gâteau, c’est de revoir les archers de haut niveau du club ( Sophie Planeix, Audrey Adiceom, Thomas Antoine, Hugo Lartigue, Maxence Jamot, Paul Bonneau et Lisa Barbellin) , qui sont ou non encore à l’Insep et qui reviennent parfois aux entraînements avec les plus jeunes…Là c’est juste merveilleux de voir les étoiles dans les yeux des gamins…
Nous avons encore du travail, évidemment, il nous faudra trouver les moyens de poursuivre avec un lycée cette expérience afin que les jeunes de seconde à terminale puissent être à la même enseigne…
Nous sommes en train de finaliser avec un plateau médical sur Vichy afin de réaliser un bilan médical complet et réaliser un suivi ostéo avec les jeunes de la section sportive.
J’en profite pour remercier toutes les personnes qui ont travaillé sur ce projet afin d’offrir ce service d’entraînement aux jeunes ! Merci
Une équipe qui gère 60 débutants en 1ère année de licence cette saison !
Interview Marie Teyssier :
« Tout d’abord, une section sportive scolaire (SSS) ne peut s’ouvrir qu’après avoir constitué 1 dossier qui sera ensuite étudié en commission puis validé par le recteur de l’académie. Effectivement ça peut faire rêver de monter un tel projet, l’image de l’établissement et du club concerné est “redorée” mais cela implique un certain nombre de contraintes organisationnelles (aménagement des horaires, emplois du temps, constitution des classes, choix des options, dérogations de la carte scolaire, nombre d’heures disponibles pour le collègue qui en est responsable ..). Il est ensuite obligatoire de faire voter le projet en conseil d’administration. »
« Je travaille en relation étroite avec Henry afin de prévenir d’éventuels soucis de fatigue qui pourrait nuire au suivi de la scolarité. Les équipes pédagogiques sont à l’écoute de ces jeunes et me transmettent toutes les informations utiles pour optimiser l’accompagnement. »
PL : Quel est le programme UNSS ? Championnat départemental le 12 janvier au CRTA de Riom et Régional le 2 février
M T : Les élèves inscrits en section sportive scolaire sont invités à adhérer à l’association sportive de l’établissement et à participer aux compétitions organisées par l’union nationale du sport scolaire (UNSS). Les élèves représentent alors l’établissement lors de ces rencontres. Les acquisitions observées en section participent à l’évaluation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Elles permettent d’ailleurs l’obtention d’un diplôme de jeunes officiels UNSS.
Interview Sophie Vessilier :
PL : « Que représente ce projet au niveau régional ? »
S V : « Ce programme est une vraie source d’inspiration pour tous, mais évidemment , les contraintes ( salle dédiée, entraîneurs pro, lien avec le collège et déplacement des jeunes)) ne peut pas se faire partout…
C’est aussi une chance pour les jeunes du club qui peuvent s’entraîner finalement dans des conditions proches de celui d’un pôle Espoir ! ils ont en plus la chance de pouvoir le faire en restant à la maison et avec leurs copains de clubs…je pense que cela compte beaucoup. Ils ressentent peut être moins de pression sur des résultats sportifs et sur le fait de garder un bon niveau scolaire…5 jeunes de cette section sportive font parti du « Groupe jeune régional ». Cela ajoute, si besoin, encore un peu plus de motivation pour des sélections régionales sur des TNJ par exemple.
D’autre part, Henry travaille avec moi au sein d’ une ETR ! La confiance et les échanges sont tous au service de la performance de nos jeunes !!! Un vrai bonheur 😉
Il nous paraît à tous les deux important que les jeunes du club de Riom et notamment ceux de la section sportive puissent vivre d’autres expériences sportives et avec d’autres jeunes des clubs de la région…
Mot du président :
Il faut revenir une vingtaine d’années en arrière pour se rendre compte de l’historique du Club. Nous étions 80 licenciés, 3 lieux d’entrainement avec des créneaux d’entrainement de 21h à 23h pour les archers compétiteurs jeunes et adultes confondus. La salle faisait 20m de long sur 8m de large.
Suite à l’organisation des Championnats de Monde en 1999 sur les terres riomoises, les collectivités et le Club s’interrogent sur l’héritage de cette compétition et voit l’opportunité d’un complexe d’entrainement dédié à la discipline… 8 ans plus tard, le Centre Départemental et Régional sort de terre. Il aura fallu beaucoup de patience, d’engagement et d’abnégation pour les dirigeants du Club pour rester accrochés au projet. A l’époque, bien qu’engagé bénévolement, je ne connaissais rien au monde du Dirigeant. J’étais jeune et j’avais encore mon arc dans les mains !
La formation des jeunes et l’organisation de compétition de petite ou grande envergure ont toujours été l’ADN de l’association. Rien ne serait possible sans une équipe de bénévoles dévoués et engagés et sans le soutien indispensable des collectivités.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas encore au bout du projet. Nous avançons pas à pas, objectifs par objectifs, flèches après flèches. Henry, entouré d’une équipe d’entraineurs bénévoles porte ce projet afin de former un maximum de jeunes au tir à l’arc.
Evidemment, notre objectif principal reste la compétition mais pas uniquement. Nous sommes des fervents défenseurs du lien social et formateur que le sport apporte aux jeunes et moins jeunes, liens indispensables dans notre société actuelle. Le sport est synonyme de rigueur, d’organisation, d’objectifs à atteindre tant sur le plan sportif que personnel. Nous ne devons pas oublier que nous formons probablement les dirigeants de demain à qui nous devons transmettre nos valeurs.
Cela demande un énorme investissement. C’est une histoire d’Hommes et de Femmes qui partagent la même passion, qui véhiculent les mêmes valeurs de partage.
Nous arrivons à fédérer autour de notre projet des partenaires (Mairie, Communauté d’agglomérations, Conseil Départemental, Conseil Régional, Collège, partenaires privés, Fédération Français de Tir à l’Arc, sans oublier les parents, les enfants et les bénévoles).
Je reste à disposition pour échanger, aider, apporter des clés de réflexion sur ce sujet ou même être challenger pour faire évoluer notre sport.
J’adresse mes sincères remerciements à Patrick, le DTN et la Fédération pour avoir pris le temps de comprendre et analyser notre projet porté sur les jeunes.
Article et photos P Lebeau